La Comtesse

Publié le par Marguerite

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/67/29/06/19309883.jpg La Comtesse de Julie Delpy. Envoûtant.

C'est le film qui hante encore plusieurs jours après. Julie Delpy incarne à merveille cette comtesse sanglante.

Élisabeth Bathory est une comtesse hongroise de la fin du XVIe siècle. Elle est connue pour avoir été inculpée du meurtre et de la torture de plusieurs jeunes filles (plusieurs centaines ?). Si un procès a eu lieu, à l'époque, si des témoins ont parlé, si les complices ont été condamnés et si elle n'a échappé à toute autre condamnation que l'assignation à résidence parce qu'elle était noble, on ne connaît en revanche pas ses motivations. D'autant que la légende a eu tôt fait de s'emparer du personnage. 

Julie Delpy imagine des raisons, des causes à ces incroyables crimes. On a dit que la comtesse ne voulait pas vieillir et conserver une beauté éternelle par le sang de ses victimes. Julie Delpy s'empare de cette idée, la fait sienne, la développe, lui donne une humanité, une profondeur. Ou comment glisser dans la folie. La peur de vieillir, ce sentiment est tellement connu aujourd'hui, tellement accepté, tellement admis qu'on se met à comprendre cette femme. Y ajouter un traumatisme et la suite devient comme d'une évidence inévitable. Et c'est là la grande réussite de Julie Delpy, plonger le spectateur dans l'effroi de comprendre que la nuance entre le bien et le mal puisse paraître si mince...  

Elle ose incarner la femme derrière le monstre, dans toute sa complexité, mais aussi dans toute sa chair. Ce visage qui vieillit, c'est le sien. Cette beauté juvénile fut bien la sienne. Ces questions, ces doutes, cette peur n'ont-elles pas le même écho en elle ? On ne peut s'empêcher de croire que la réalisatrice éprouve avant tout de la compassion pour la femme. 

Et toujours cette fascination pour le crime que l'expo Crime et châtiment met si bien en scène.  

Film glaçant, prenant, Marguerite est conquise. 

Mention à Federick Lau, déjà primé pour son rôle de forcené dans La Vague

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