Le Conflit, la femme et la mère - Élisabeth Badinter

Publié le par Marguerite

http://boutique.lesoir.be/media/catalog/product/cache/1/image/5e06319eda06f020e43594a9c230972d/b/a/badi.jpgLe Conflit, la femme et la mère, d’Élisabeth Badinter. Le livre à lire en ce jour de fête des mères.

Avant tout, cet essai fait du bien. La jeune mère, celle qui n’en veut pas, ce livre les soulage.  

Badinter n'attaque personne (contrairement à ce qui a pu être diffusé dans les médias). Elle veut simplement que cesse la prédominance de tel ou tel modèle pour que les femmes, et les mères, soient réellement libres d'agir comme elles l'entendent. Si elle s’attaque à quelque chose, c’est à la voie toute tracée, quelle qu’elle soit, qu’on impose à la femme, suivant les époques et les latitudes. Non, il n’y a pas qu’une seule façon valable et honorable d’être femme. Elle développe donc une féminité plurielle. Pour que chacune se sente le droit d’être elle-même.

On a accusé Badinter de s’attaquer au naturalisme. Elle ne fait que dénoncer des dérives. "L'autorité de la nature est indiscutable. Elle tire sa légitimité de ses caractéristiques : “innée, essentielle, éternelle et non négociable”. Depuis les années quatre-vingts/quatre-vingt-dix, souligne Glenda Wall, elle est sacralisée, porteuse de pureté, d'innocence et de sagesse." (p.105) Encore une fois, elle ne milite que pour la liberté des femmes et s’applique à mettre en évidence comment la maternité peut être un prétexte à déposséder la femme de ses droits en mettant en avant la prédominance de ceux de l’enfant. Elle va, effectivement, à l’encontre de la Leche League (association militant pour l’allaitement) qui "rappelle aux mères que leurs seins appartiennent en priorité à leur bébé et qu'ils ont été créés pour nourrir." (p.106) 

"L'un des médecins fondateur de la League avait du reste coutume de dire que celle qui biberonne “est une handicapée. Elle deviendra peut-être une bonne mère, mais elle aurait pu être bien meilleure si elle avait allaité”. " (p.117) Marguerite reste sans voix.

À la fin de l’ouvrage, Badinter explique la forte natalité des Françaises, en comparaison des autres pays occidentaux. Marguerite a trouvé ce chapitre très intéressant. En résumé, Badinter démontre comment plus les femmes ont le choix de faire ce qu'elles veulent et plus elles font des enfants.  A contrario, l’Allemagne n’acceptant qu’un mode de vie pour la mère, les femmes se sont résolues à ne plus faire d’enfant. CQFD.  

Enfin, elle envisage le cas de ces nombreuses femmes sans enfants, rappelant que ce chiffre n’a finalement que très peu évolué depuis des siècles, mais, qu’au contraire, la femme sans enfant a toujours existé (aux alentours de 10% des femmes). Badinter fait varier les points de vue en montrant comment, aujourd’hui que le fait de ne pas faire d’enfant est un choix réfléchi, la femme non-mère est peut-être plus responsable dans sa non-maternité que celle qui ne s’est pas posée la question. "Qualifiée un peu vite d'irresponsable et d'égoïste, la femme childfree pose au contraire la question de la responsabilité maternelle comme elle n'a jamais été posée auparavant, tant que la maternité relevait de la nécessité naturelle." (p.210) Faire un enfant devrait être une décision aussi mûrement réfléchie que celle de ne pas en faire. 

 

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