Une folle envie

Publié le par Marguerite Tournesol

http://a4.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc6/184227_205796762768182_205796612768197_893233_5813261_n.jpgUne folle envie, de Bernard Jeanjean (réalisateur de l'excellent J'me sens pas belle). Raté. Comme l'impression que les auteurs ont hésité entre une comédie et un drame, et qu'ils ont fait le mauvais choix : un mélange des deux. Sauf que ça ne prend pas. Avec un sujet qui peut être difficile, il faut choisir. Là, ça frôle sans cesse les directions intéressantes, les vrais problèmes, sans y toucher vraiment. Frustrant, oui, mais aussi embarrassant. On peut rire de tout, à condition d'avoir pris le parti d'en rire. On ne peut pas vouloir faire pleurer ou sensibiliser à quelque chose sans y mettre un minimum d'attention. 

Or le film ressemble avant tout à un fourre-tout. Le désir d'enfant, c'est un désir de famille. Alors on se sent obligé de mettre en scène les familles de monsieur et de madame. Le désir d'enfant, c'est aussi un désir sexuel. Alors on en colle une tartine, un peu au pif, à un moment où on a un trou dans le scénar, comme ça, pour faire joli. Le désir d'enfant, c'est aussi un désir plus profond. Alors on pose un psy, quelques bouquins et deux ou trois questions, pour la forme. Le désir d'enfant, c'est encore un désir irrationnel. Alors on va chanter et même danser après, histoire de faire original. 

Le couple lui-même n'est pas crédible. Les personnages offrent si peu à quoi s'identifier que même les acteurs n'y arrivent pas. Familles, emplois du temps, carrières, vie commune, rien d'utile, mais tout est là, dans un fatras stérile - justement. Et l'amour ? Bof. 

Bref, on s'y perd rapidement. Trop de choses, rien de creusé. On sent vraiment cette incapacité à faire un choix. Sauf que le spectateur, lui, ne peut pas choisir à la place des auteurs. Il veut bien rire ou pleurer, mais il ne peut pas se forcer. Marguerite a ri quatre ou cinq fois. Elle a cru qu'elle allait être touchée. En vain. Il aurait vraiment - vraiment - fallu choisir soit d'en faire une comédie très légère, en n'axant que sur les situations cocasses, avec un happy end délirant, soit d'en faire un drame, en focalisant sur l'histoire d'amour, de cet amour presque contrarié, finalement, et prêt à tout, avec une fin amère et nuancée. Las. 

Marguerite ajoute qu'elle en a un peu marre de la ficelle scénaristique du joint. Dès qu'on veut faire faire quelque chose d'un peu olé olé à un personnage, on lui fait fumer un joint, comme pour l'excuser. Surtout parce que le personnage n'est pas assez construit et cohérent, oui. C'est sûr, c'est plus compliqué de travailler un personnage de manière à rendre vraisemblable un geste déconcertant. À quand des personnages qui s'assument ? 

http://savemybrain.net/v2/wp-content/uploads/2011/04/Et-toi-quand-est-ce-que-tu-ty-mets-385x500.jpgPour rire vraiment, sur un sujet pas très lointain, on lira avec bonheur Et toi, quand est-ce que tu t'y mets ? Dans cette bande-dessinée, pas d'enfant non plus, mais, cette fois-ci, c'est parce que Jeanne, l'héroïne, n'en veut pas ! Et alors ? Et alors, ça pose problème à tout son entourage. On pourra même rencontrer les auteurs avec Marguerite pour discuter de cette pression culturelle et sociale qui ne veut pas entendre qu'une femme puisse ne pas désirer d'enfant. Elles précisaient - prédisaient ?- justement qu'il "serait plus difficile d'être drôle" en racontant l'impossibilité d'avoir un enfant. On finira en allant se balader sur le blog tout en images de Madeleine Martin, la dessinatrice : Les madeleines de Mady

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