Chemins croisés/Maison de Victor Hugo

Publié le par Marguerite

http://cremedephotographe.le-site-du-skateboard.com/images-photos/Expo-portrait-ecrivain.jpgMarguerite a un bon plan. Elle partage. 

À l'occasion de l'exposition Portraits d'écrivains, les élèves du conservatoire municipal du 16ème arrondissement investissent les murs de la Maison de Victor Hugo, à Paris, pour jouer et danser ces écrivains de 1850 à nos jours. La manifestation n'a lieu que deux dimanches, il n'en reste plus qu'un : le 13 février 2011. L'exception confirmant la règle, l'entrée est, pour l'occasion, gratuite. Ou une expo trois en un : portraits d'écrivains, murs et meubles de Hugo, happening théâtral et chorégraphique qui dure toute la journée. Riche idée. 

Sous la direction de leurs professeurs, la chorégraphe Olia Lumelsky et le metteur en scène Eric Jakobiak, les élèves danseurs et comédiens interprètent des textes d'écrivains, tels Duras, Pérec, Sand, Cendrars, Prévert...

Sans oublier, bien sûr, Victor Hugo. 

IMG_1732.JPGHors de la scène, les corps prennent possession de l'espace et dansent non pas au milieu des visiteurs, mais parmi eux, mêlés à eux. C'est très agréable. Le spectateur improvisé (il n'était pas forcément prévenu) se retrouve alors sur le plateau, dans le décor. Rien ne permet plus de dissocier les élèves du conservatoire des visiteurs que les pieds nus des danseurs, qui parcourent la salle, s'arrêtent devant un portrait, penchent d'un côté la tête pour mieux regarder et plonger les yeux dans cet autre visage.

Les comédiens, quant à eux, happent le spectateur avec des textes qui ne sont pas extraits du répertoire théâtral. Ils incarnent, pour quelques minutes, l'écrivain, dont la photo est encadrée, quelque part, pas loin, entre deux autres. 

IMG 1745Mélanie Prézelin joue un morceau d'Enfance, de Nathalie Sarraute, son autobiographie dans laquelle l'écrivain dialogue avec elle-même. L'extrait relate, avec des mots d'adulte, la pulsion extraordinairement forte de destruction ressentie vers cinq ans avec le désir féroce de déchirer le tissu de soie d'un canapé. Pas de cajolerie ni de zozoterie mignonne de petite fille, ici. La violence éclate. Qualité des mots. Qualité du jeu. Derrière la comédienne, la silhouette d'une danseuse, June Assal, se tord entre envie et retenue. 

On ne manquera pas non plus, ne serait-ce que pour la saveur du texte, la scène de Frédéric Cazala. Le jeune comédien joue un Victor Hugo tout en redingote. Confortablement installé dans la chambre de l'auteur, il dit, narquois, une lettre que l'écrivain écrivit à un ami à propos des pourboires obligatoires. Réjouissant.

On se régalera tout autant de la diversité des histoires, des parcours, des origines que racontent ne serait-ce que le bouquet des noms et prénoms des interprètes : on voyage. Au pays des mots. 

Cette expo donne enfin un visage aux mots. Celui des élèves, mais aussi, bien sûr, celui des auteurs. Et un texte parle tellement différemment, avec une figure. Quand bien même elle est en noir et blanc. 

Marguerite récapitule : bon plan dimanche, à la Maison de Victor Hugo, place des Vosges, à Paris. Entrée gratuite. On ne veut pas rater le début et ça commence à 11 heures. 

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